L’essentiel à retenir : le jointoiement extérieur n’est pas qu’esthétique, c’est la première ligne de défense contre l’eau et le gel. L’application d’un mortier flexible et hydrofuge est cruciale pour absorber les dilatations thermiques et éviter le soulèvement des carreaux. Respecter une largeur de joint de 5 mm minimum assure techniquement la pérennité de l’ouvrage face aux intempéries.
Vous redoutez que votre nouvelle terrasse ne résiste pas aux intempéries et que le jointoiement carrelage exterieur ne finisse par fissurer dès le premier hiver ? Considérez cette étape non comme une simple finition, mais comme le bouclier technique indispensable qui protège votre investissement contre les infiltrations d’eau et les dégâts du gel. Je partage avec vous les secrets d’un mortier flexible adapté et les bons gestes pour réussir cette mise en œuvre, garantissant ainsi la longévité de votre aménagement sans mauvaise surprise.
- Pourquoi un bon joint extérieur est non négociable
- Choisir le bon mortier à joint : la décision capitale
- Le guide pratique : réaliser son jointoiement étape par étape
- Astuces de pro et pièges à éviter pour un joint à l’épreuve du temps
Pourquoi un bon joint extérieur est non négociable
Le joint, ce bouclier invisible pour votre carrelage
Le jointoiement carrelage exterieur ne sert pas juste à faire joli. C’est votre première ligne de défense face aux éléments déchaînés. Il bloque l’eau, repousse les saletés incrustées et assure la cohésion totale entre les différents carreaux.
Un joint bien réalisé garantit la stabilité mécanique de tout le revêtement de votre terrasse. C’est ce rempart technique qui empêche vos carreaux de bouger ou de se soulever.
Le conseil d’André : Investir du temps et le bon produit dans les joints, c’est garantir la longévité de votre terrasse pour vingt ans.

Infiltrations, gel, dégradation : les risques d’un travail bâclé
Parlons du véritable ennemi de votre ouvrage : l’infiltration d’eau sournoise. Si l’eau parvient à passer sous les carreaux, elle s’attaque directement à la structure. Les dégâts deviennent alors considérables pour la dalle en béton.
Ajoutez à cela les redoutables cycles de gel et dégel en hiver. L’eau infiltrée gèle, gonfle de 9 % et fait éclater tout ce qui l’entoure. C’est la cause numéro un de la casse extérieure.
Voici les conséquences directes d’un joint raté sur votre ouvrage :
- Décollement des carreaux ;
- Apparition de fissures ;
- Développement de moisissures et d’efflorescence.
L’étanchéité, le véritable enjeu du jointoiement extérieur
L’objectif premier reste de créer une barrière parfaitement étanche. Le principe est le même que pour assurer l’étanchéité des sols et des murs d’une douche : l’eau ne doit pas passer. C’est une règle d’or pour éviter le désastre.
Je le répète souvent sur les chantiers, retenez bien ceci :
Un joint de carrelage extérieur poreux ou fissuré, c’est une invitation ouverte aux infiltrations qui dégraderont inévitablement votre installation, parfois de manière irréversible.
Choisir le bon mortier à joint : la décision capitale
Mortier-joint flexible : le seul choix raisonnable pour l’extérieur
Oubliez immédiatement le mortier standard que vous avez utilisé pour votre salle de bain, c’est la catastrophe assurée dehors. Il vous faut impérativement un produit marqué flexible ou déformable, dopé aux résines et polymères. C’est le seul moyen d’éviter que tout ne saute au premier hiver.

Pourquoi cette exigence ? Votre terrasse subit de plein fouet les variations thermiques, provoquant la dilatation et la contraction naturelles du carrelage. La flexibilité permet au joint d’agir comme un amortisseur pour encaisser ces mouvements mécaniques sans jamais fissurer sous la pression.
Les caractéristiques à exiger pour votre mortier
Ne vous fiez pas au prix, mais à l’étiquette technique. Le sac doit mentionner explicitement qu’il est hydrofuge pour repousser l’eau de pluie et surtout résistant au gel. Sans ces deux mentions, vous jetez votre argent par les fenêtres.
Vérifiez aussi la résistance aux UV, sinon vos joints gris vireront au beige sale après deux étés au soleil. Enfin, une bonne résistance à l’abrasion est requise si vous marchez souvent dessus, pour éviter que le joint ne se creuse.
Comparatif des solutions de jointoiement extérieur
Pour trancher rapidement, voici un comparatif brut des deux options qui s’offrent à vous.
| Type de joint | Avantages pour l’extérieur | Inconvénients / Points de vigilance | Idéal pour… |
|---|---|---|---|
| Mortier-joint ciment amélioré/flexible | Abordable, facile à trouver, bonne flexibilité grâce aux polymères. | Moins durable que l’époxy sur le très long terme, peut se tacher. | Terrasses classiques, balcons, allées standards. |
| Mortier-joint époxy | Étanchéité absolue, résistance chimique et mécanique totale, couleurs stables. | Plus cher, application technique (prise rapide), nettoyage difficile. | Zones à fort trafic, abords de piscines, cuisines d’été (graisse). |
Le guide pratique : réaliser son jointoiement étape par étape
Le bon produit est choisi ? Parfait. Mais la meilleure des F1 ne sert à rien sans un bon pilote. Passons à la pratique, car la méthode d’application est tout aussi déterminante.
Étape 1 : la préparation, clé d’un résultat impeccable
Je le répète souvent : la patience est votre meilleure alliée. Attendez impérativement le séchage complet de la colle, soit 24 à 48 heures minimum selon la météo. Si vous précipitez les choses, vous emprisonnez l’humidité et risquez le décollement.
Ensuite, place au nettoyage minutieux. Vos joints doivent être parfaitement propres, secs et vides avant de commencer. J’utilise un aspirateur et un cutter pour gratter les résidus de colle, car la moindre poussière nuira gravement à l’adhérence.

Étape 2 : la préparation et l’application du mortier
Pour le mélange, ne jouez pas aux apprentis sorciers. Suivez à la lettre les instructions du fabricant pour le dosage eau/poudre. L’objectif est d’obtenir une pâte onctueuse, sans grumeaux, qui tient toute seule sur la taloche.
L’application demande un geste précis avec une raclette en caoutchouc. Étalez généreusement en passes diagonales par rapport aux joints pour bien les remplir. N’ayez pas peur d’appuyer fermement pour faire pénétrer le mortier en profondeur dans l’interstice.

Étape 3 : le nettoyage, un art subtil
Une fois le joint en place, n’attendez pas trop. Enlevez immédiatement le plus gros de l’excédent avec la raclette, toujours en diagonale pour ne pas creuser le travail frais.
C’est ici que tout se joue pour la finition. Voici la marche à suivre :
- Attendre que le joint commence à durcir (le doigt ne s’enfonce plus).
- Utiliser une éponge de carreleur (ou taloche éponge) à peine humide.
- Nettoyer la surface des carreaux en mouvements circulaires et légers.
- Rincer l’éponge très souvent dans un seau d’eau propre pour ne pas étaler la laitance.

Astuces de pro et pièges à éviter pour un joint à l’épreuve du temps
La technique de base est acquise. Mais ce sont les détails qui font la différence entre un travail correct et un travail de professionnel qui durera des décennies.
La règle d’or : une largeur de joint adaptée à l’extérieur
Je vois trop souvent cet angle mort : la largeur des joints. Oubliez les joints “invisibles”, c’est une hérésie totale en extérieur à cause des dilatations thermiques. La norme officieuse de terrain impose une largeur minimale de 5 mm.
Un joint plus large n’est pas moins esthétique ; c’est une nécessité technique pour absorber les mouvements de dilatation et garantir la pérennité de votre carrelage extérieur.
Le cas des supports spéciaux : plancher bois et sols chauffants
Ces supports sont dits “déformables”. Ils bougent beaucoup plus qu’une simple dalle béton. Ici, le choix d’un mortier-joint hautement flexible (classé S1 ou S2) devient alors impératif pour encaisser ces tensions mécaniques sans craquer.
Pour un carrelage sur un plancher bois, comme pour certains types de carrelage imitation parquet sur supports plus déformables, la structure entière doit être pensée pour la flexibilité, pas seulement le joint.
Les 3 erreurs du débutant qui ruinent tout
Voici les erreurs fatales qui ruinent tous vos efforts de jointoiement.
- Nettoyer avec trop d’eau : Le piège classique. Cela creuse les joints et provoque des efflorescences (voile blanc). L’éponge doit être essorée au maximum.
- Travailler en plein soleil ou par temps de gel : Le mortier sèche trop vite ou ne prend pas. Choisir une journée tempérée (entre 5°C et 30°C) et à l’ombre.
- Ne pas respecter le temps de séchage : Marcher sur les joints ou les exposer à la pluie avant 24-48h compromet leur solidité finale.
Ne voyez plus le joint comme un simple détail esthétique, mais comme le véritable gardien de votre terrasse. Avec un mortier flexible adapté et une pose rigoureuse, vous garantissez la pérennité de votre ouvrage. Comme je le dis souvent : un joint réussi, c’est la tranquillité d’esprit assurée pour de longues années.
FAQ
Quel type de joint dois-je absolument choisir pour mon extérieur ?
Je vous le dis tout de suite : n’utilisez jamais vos restes de joints d’intérieur ! Pour l’extérieur, il vous faut impérativement un mortier-joint flexible (souvent marqué “flex” ou avec des additifs polymères). C’est un peu comme les amortisseurs d’une voiture : ce joint doit être capable d’absorber les chocs thermiques (dilatation en été, contraction en hiver) sans casser.
Assurez-vous également que le produit mentionne explicitement qu’il est hydrofuge (résistant à l’eau) et antigélif. Si vous vivez dans une région où il gèle fort, c’est ce critère qui évitera à votre terrasse de s’effriter dès le premier hiver.
Quelle largeur de joint respecter pour être aux normes en extérieur ?
Oubliez les joints “invisibles” de 1 ou 2 mm qui sont très jolis dans une salle de bain, mais qui sont une hérésie dehors. En extérieur, la norme (DTU) impose généralement une largeur minimale de 5 mm pour une pose collée standard. C’est technique, mais vital : cette largeur permet au carrelage de “respirer” et de bouger sans se fissurer ni se soulever.
Le conseil d’André : Ne voyez pas le joint large comme une contrainte esthétique, mais comme une assurance-vie pour votre terrasse. Si vous voulez un aspect plus moderne, optez pour une couleur de joint proche de celle du carreau, mais ne rognez jamais sur la largeur.
Peut-on poser du carrelage extérieur sans joint (pose à joints nuls) ?
C’est un non catégorique. Poser du carrelage sans joint en extérieur, c’est prendre le risque de voir vos carreaux sauter comme des tranches de pain dans un grille-pain dès les premières chaleurs. Les matériaux se dilatent au soleil, et sans l’espace du joint pour compenser cette poussée, ils entrent en pression les uns contre les autres et cassent.
Pourquoi je recommande souvent le joint époxy en extérieur ?
Le joint époxy, c’est la “Rolls” du jointoiement. Contrairement aux joints ciment classiques, c’est une résine qui devient aussi dure que du plastique une fois sèche. Je le conseille vivement pour les zones “à risques” comme le coin barbecue ou autour d’une piscine, car il est totalement imperméable et ne tache pas. Une goutte de graisse de merguez ? Un coup d’éponge et c’est parti.
Attention toutefois, la mise en œuvre est plus technique et le produit sèche très vite. Si vous n’êtes pas bricoleur averti, faites-vous aider ou travaillez par toutes petites zones pour ne pas vous laisser surprendre.
À quel moment précis faut-il réaliser les joints après la pose ?
La patience est votre meilleure alliée ici. Il faut impérativement attendre le séchage complet de la colle sous les carreaux, soit généralement 24 à 48 heures. Si vous faites les joints trop tôt, vous emprisonnez l’humidité sous le carreau, ce qui peut provoquer des décollements à terme.
Regardez aussi la météo : ne faites pas vos joints s’il pleut ou si de la pluie est annoncée dans les 24 heures suivant l’application. L’eau de pluie laverait le ciment frais et ruinerait votre travail.
Est-il possible de remettre du joint par-dessus l’ancien sans tout enlever ?
Je vais être franc avec vous : c’est du bricolage qui ne tiendra pas. Une fine couche de nouveau mortier sur un ancien joint sale ou friable n’adhérera pas correctement. Elle finira par s’écailler en quelques semaines, comme une peau qui pèle.
Pour une rénovation durable, il n’y a pas de secret : il faut gratter et creuser les anciens joints sur au moins quelques millimètres de profondeur pour offrir une bonne accroche au nouveau mortier.
Comment s’y prendre pour refaire des joints de carrelage extérieur abîmés ?
L’étape la plus longue, c’est la préparation. Munissez-vous d’un grattoir à déjointer (manuel ou électrique) et retirez l’ancien joint abîmé en faisant attention à ne pas ébrécher vos carreaux. Une fois les interstices vides, passez un coup d’aspirateur puissant : il ne doit rester aucune poussière.
Ensuite, mouillez légèrement les espaces vides avant d’appliquer votre nouveau mortier flexible à la raclette, en diagonale, comme pour une pose neuve. C’est un travail de fourmi, mais c’est le seul moyen de repartir pour 10 ou 15 ans de tranquillité.
Comment m’assurer que mes joints seront parfaitement étanches ?
L’étanchéité se joue principalement au choix du produit. Optez pour un mortier classé hydrofuge dès le départ. Si vous utilisez un joint ciment classique poreux, l’eau finira par s’infiltrer, geler et faire éclater le joint.
Pour une sécurité maximale après la pose, vous pouvez appliquer un imperméabilisant pour joints (un liquide transparent) au pinceau une fois que tout est bien sec. C’est une couche de protection supplémentaire que je recommande souvent pour prolonger la durée de vie de l’ouvrage.

André Martin est rédacteur spécialisé en chauffage et énergies renouvelables, avec plus de 10 ans d’expérience en tant que technicien chauffagiste. Passionné par l’innovation technologique et engagé dans la protection de l’environnement, il partage ses conseils pratiques pour améliorer votre confort thermique tout en réduisant vos dépenses énergétiques




0 commentaires