Le sertissage s’impose aujourd’hui comme une méthode efficace, rapide et conforme pour réaliser des réseaux d’eau sanitaire, de chauffage ou même de gaz. Il s’agit d’une technique moderne qui, grâce à l’amélioration des matériaux et des outils, offre une solution fiable et durable pour les professionnels du bâtiment. Tour d’horizon de cette méthode en plein essor.
Le sertissage, une technique désormais incontournable
Une solution conforme à la réglementation
Si le brasage reste encore très utilisé sur les chantiers, le sertissage a gagné en maturité technique et en fiabilité. Il permet des assemblages mécaniques solides, sans flamme ni produits chimiques. Les raccords à sertir sont désormais pleinement acceptés par les normes en vigueur, y compris pour les installations de gaz domestiques et industrielles, ce qui témoigne de leur sécurité et de leur efficacité.
Une alternative au brasage en pleine évolution
Le développement des raccords à sertir, combiné à des outils électroportatifs performants, en fait une véritable alternative au brasage. Le sertissage limite les risques d’erreurs humaines, permet des interventions dans des zones difficiles d’accès, et assure une constance de qualité dans les assemblages. De plus, il est parfaitement adapté à la préfabrication en atelier et aux installations sur site.
Les avantages du sertissage pour les professionnels
Un gain de temps sur les chantiers
Le sertissage permet de réaliser une installation deux fois plus rapidement qu’avec une méthode brasée. Ce gain de productivité se traduit par une réduction globale du coût de main-d’œuvre, mais aussi par une meilleure gestion des plannings et une réduction des interruptions de chantier. Les professionnels peuvent ainsi intervenir plus efficacement, notamment sur les chantiers où les délais sont serrés.
Une réduction globale des coûts
Malgré un surcoût initial des raccords, l’économie globale peut atteindre jusqu’à 20 % grâce à la rapidité de pose et à la simplification du matériel nécessaire. Moins de consommables, moins de déchets, et une main-d’œuvre optimisée : le sertissage devient une solution économiquement avantageuse à long terme.
Moins de matériel, plus de sécurité
L’outil de sertissage et son chargeur de batterie remplacent les bouteilles de gaz, la brasure, et les outils de brasage, réduisant ainsi les risques d’incendie, notamment en rénovation. En évitant les sources de chaleur, le sertissage offre un cadre de travail plus sûr, notamment dans les bâtiments occupés ou sensibles (hôpitaux, écoles, ERP).
Une mise en œuvre propre, sans flamme
Le sertissage évite toute projection ou odeur liée à la brasure, ce qui améliore les conditions de travail et la sécurité. Il réduit aussi les nécessités de ventilation et les risques de pollution de l’air intérieur, un atout de plus dans les bâtiments basse consommation.
Le sertissage appliqué aux canalisations d’eau
Normes et DTU à respecter
La mise en œuvre des tuyauteries doit respecter les normes suivantes :
- DTU 60.11 (calcul des installations de plomberie)
- DTU 60.1 (plomberie sanitaire pour bâtiments)
- DTU 65.10 (canalisations d’eau sous pression)
- NF P 41-201 (distribution d’eau chaude et froide)
Ces documents assurent que les installations réalisées par sertissage répondent aux exigences de durabilité, de sécurité et de performance hydraulique. Ils couvrent notamment les diamètres admissibles, les types de matériaux utilisables et les règles de pose.
Les matériaux compatibles avec le sertissage
Cuivre
Très prisé pour ses propriétés antibactériennes, le cuivre reste la référence pour les circuits apparents et les réseaux de chauffage, grâce à son excellente barrière à l’oxygène. Il offre une grande durabilité et une esthétique appréciée dans les installations visibles.
Multicouches
Alliant la souplesse du plastique et la résistance du métal, le tube multicouche dispose d’une couche d’aluminium pour lutter contre la corrosion et ralentir la formation de boues. Sa faible dilatation thermique et sa mémoire de forme facilitent les installations rapides et précises.
PER (Polyéthylène réticulé)
Souple et très léger, le PER est idéal pour les installations rapides. Il offre une bonne résistance à la corrosion et s’adapte bien aux contraintes du chantier. Il est particulièrement utilisé pour les réseaux encastrés ou en dalle.
Sertissage sous chape : les nouvelles possibilités
Pose en piquage pour radiateurs et sanitaires
Certains raccords à sertir permettent un piquage direct sous chape. Cette technique est adaptée au neuf comme à la rénovation. Elle simplifie la distribution, limite les longueurs de tube, et réduit les zones de perte thermique.
Techniques de distribution : piquage ou pieuvre
- Piquage : minimisation des longueurs de tube et absence de collecteur, réduction du coût des matériaux.
- Pieuvre : alimentation individuelle des appareils pour un bon équilibrage hydraulique, meilleure maîtrise des débits et plus grande facilité d’entretien.
Franchissement des joints de dilatation
Conformément au DTU 65.10, les tubes doivent être protégés sur 30 cm de chaque côté du joint à l’aide de fourreaux ou manchons compressibles. Cette précaution prévient tout risque de rupture ou déformation du réseau.
Sertissage en cloisons et plafonds
Encastrement dans des cloisons en plâtre ou briques
Les piquages sertis sont autorisés s’ils sont protégés. Les parties indémontables peuvent être engravées sous conditions. Il est essentiel de s’assurer que les matériaux environnants sont compatibles avec les conditions thermiques et mécaniques.
Conditions pour les raccords démontables ou indémontables
Les raccords démontables doivent toujours rester accessibles. Pour les autres, des vérifications de compatibilité thermique sont obligatoires. Cela permet une maintenance plus simple et une meilleure durabilité de l’installation.
Réparations
Toute réparation de tube dans une zone inaccessible doit se faire exclusivement avec un raccord à sertir. L’usage d’autres techniques peut compromettre la conformité de l’installation.
Le sertissage pour les installations de gaz
Règlementation applicable
- Arrêté du 6 décembre 2011 : application du CCH 2004-02
- Arrêté du 2 août 1977 : le sertissage est un mode d’assemblage mécanique
- NF DTU 61.1 : mise en œuvre des installations gaz
Ces règlements encadrent strictement l’utilisation des raccords à sertir pour garantir la sécurité des réseaux de gaz domestiques et professionnels.
Types d’installations concernées
- Réseaux de distribution ≤ 400 mbar
- Récipients de stockage moyenne pression B
- Zones entre l’organe de coupure et les appareils gaz
Les raccords à sertir peuvent ainsi être utilisés dans de nombreux contextes, sous réserve de respecter les conditions de pose.
Conditions de mise en œuvre pour le gaz
Certification ATG requise
Les raccords doivent être certifiés ATG sertissage, délivrée par Certigaz. Cette certification atteste de la résistance mécanique et de l’étanchéité des raccords utilisés dans les installations de gaz.
Diamètres compatibles
Les raccords concernent des diamètres allant de 12 à 54 mm. Cette plage permet de répondre à la majorité des besoins en réseaux domestiques ou semi-industriels.
Règles de pose strictes
Les raccords à sertir pour le gaz doivent être accessibles et non encastrés. Aucun cintrage à chaud ni brasure ne doit être effectué à moins d’un mètre d’un raccord serti. Le respect de ces exigences garantit la durabilité et la sécurité des installations dans le temps.

André Martin est rédacteur spécialisé en chauffage et énergies renouvelables, avec plus de 10 ans d’expérience en tant que technicien chauffagiste. Passionné par l’innovation technologique et engagé dans la protection de l’environnement, il partage ses conseils pratiques pour améliorer votre confort thermique tout en réduisant vos dépenses énergétiques




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